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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 22:22
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Nombreuses, très nombreuses sont les personnes à désormais percevoir l’échéance à venir de nos sociétés consuméristes, industrielles et individuelles.
Qu’ils soient enseignants, chercheurs, libéraux, employés ou RMIstes, tous le ressentent : il faut que le monde change. Il faut qu’une société construite sur la démocratie, la liberté et le respect se maintienne sur ce noble objectif, et non qu’elle engendre l’inégalité, la grande richesse de rares élus et la précarité de nombreuses victimes. Or, plusieurs inconvénients majeurs bloquent leur volonté de progrès, de renouveau, d’équité et de justice.

En premier lieux viennent les politiciens. Ce n’est pas nouveau, certains me diront, mais qu’ils ne nient pas qu’aujourd’hui, c’est encore pire qu’hier. La politique est devenue le terrain de jeu d’une bourgeoisie narcissique en quête de pouvoir, juste pour le pouvoir. Loin des rixes partisanes, le fin observateur constatera par lui-même que la gauche comme la droite participent activement à cette dissociation nette entre l’esprit de la démocratie et la politique actuelle. Je ne crache sur personne en particulier, et quitte à cracher, je le fais sur tous. Seul François Bayrou, soit excellent tacticien, soit honnête homme, reprend d’anciens idéaux et tente, seul contre tous (lui-même l’admet), de leur redonner vie.

Beaucoup de jeunes, encore naïfs ou trop idéalistes, souhaiteraient rejoindre ce milieu, exprimer leurs idées et contribuer au changement, au rétablissement d’un équilibre juste, trop précieux pour le laisser mourir à petit feu. Souvent déçus, ces derniers font leurs essais, le temps d’une campagne, et réalisent bien trop vite qu’ils ne sont rien, si ce n’est un simple maillon d’une chaîne construite sur d’intolérables mensonges. Pire encore, ils constatent qu’ils ne peuvent rien faire. Les familles de politiciens, riches et influents, refusent la plupart du temps de céder leur place aux prochaines victimes de la société.

On a donc une politique corrompue, mensongère et absolument inefficace. Mais je ne suis pas du genre à faire porter le chapeau aux uns, tout en épargnant les autres.

C’est ainsi qu’en second lieu viennent les hommes et les femmes peuplant, non seulement la France, mais le monde entier. Tous ne sont pas fautifs, mais je dois bien admettre que je ne peux rester de marbre face à l’indifférence ostentatoire que beaucoup portent à la politique. Il est possible qu’il n’y voit qu’une série sans fin de rixes aristocratiques pour le pouvoir, mais si certains me lisent, qu’ils essaient, ne serait-ce qu’une fois, de voir les choses différemment.

La politique, historiquement, regroupe les décisions prises par des représentants élus pour représenter l’Etat ; décisions qui nous concernent tous. Idéologiquement, ces élus sont là pour représenter le peuple, et servir ses intérêts ; vos intérêts à vous. De leurs décisions, vous constatez chaque jour les répercutions sur votre vie, sur vos dépenses, et indirectement sur votre état d’esprit. Ces hommes et femmes politique ont donc un pouvoir à la fois terrible merveilleux : celui de rendre votre vie meilleure, ou bien de la rendre incroyablement plus pesante. Pourquoi alors, pourquoi n’êtes-vous pas concernés ? Pourquoi un peuple qui s’est battu pour fuir le despotisme et la monarchie est-il aujourd’hui si peu concerné par les décisions de ses représentants ?

Il n’y a pas si longtemps, des hommes régnaient de force, et pouvaient disposer de nos vies comme ils l’entendaient, personne n’osant remettre leur autorité en cause. Ne pas prêter attention aux décisions politiques d’un Etat, c’est exactement la même chose que de ne pas remettre en cause l’autorité de nos représentants, qui un jour ou l’autre, finiront par abuser de cette crédulité, de cette confiance aveugle que vous leur offrez. L’un des théoriciens de notre système démocratique, Montesquieu, a proposé un mécanisme permettant d’éviter le cumul des pouvoirs sur le principe que tout Homme disposant d’une autorité sera portée à en abuser. C’est donc à nous que revient l’essentiel devoir de maintenir l’idéal démocratique à travers les siècles, et de lutter contre les abus d’autorité.

Peut-être vous dîtes-vous que les rares personnes suivant la politique vous avertiront, d’une manière ou d’une autre, en cas de problème. Les médias aussi, pensez-vous, sauront vous informer, et à ce moment là, quand tous les français prostrés devant leur télé à l’heure des informations sortiront dans la rue, vous aussi, vous réagirez. Mais comment allez-vous savoir ce que pensent les juristes et les politologues, si ce qu’ils ont à dire ne vous intéresse pas ? Et comment pouvez-vous savoir que les médias vous informeront ?

Préserver la démocratie est un acte noble que chacun devrait faire soi-même, sans attendre l’intervention d’un autre. Ne faites confiances qu’à vous-même, et préserver votre pays du chaos se profilant, petit à petit, au fil des erreurs, au fil de votre inaction.
Par Scalix
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Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /Fév /2008 18:27
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PARTIE II

 Chapitre X –
Autodestruction

 
Cela faisait un moment que l’étudiant pompeux ne s’était pas manifesté. Trop de choses sont arrivées pour qu’il ne le puisse. Un air de changement, de crise et de déprime s’est emparé du monde, depuis quelques mois dirait-on. Soyons honnête, que ce soit en France ou dans les autres pays, l’impression d’un nouvel ordre mondial et de nouveaux codes ne cesse de réapparaitre, nous forçant à retarder l’inévitable, et à faire perdurer l’équilibre précaire des sociétés capitalistes.

 
Tout ça, certains d’entre nous l’ont anticipé.

Il fut d’ailleurs drôle d’observer le fin changement des comportements. Il y a encore peu de temps, rares étaient ceux parlant ouvertement de cette pseudo crise économico-sociale à venir, tandis qu’aujourd’hui, la réforme est dans tous les cœurs. Même les plus adaptés à notre système contemporain commencent à se plaindre de la manière dont les choses sont organisées, de nos institutions et de nos gouvernants. A vrai dire, je pense qu’une chute de popularité aussi exceptionnellement rapide est un cas quasi unique dans l’histoire de France. Nicolas Sarkozy l’avait dit : « Ensemble, tout devient possible », et effectivement, il a réussit quelque chose qui jusque là nous semblait invraisemblable.

 

A une moindre échelle, on réalise alors que les hommes et femmes d’aujourd’hui peuvent faire preuve d’une conscience politique et sociale relativement développée. Au départ, croyait-on, comme je l’exprimais dans des chapitres précédents, l’homme des années 60 était meilleur que nous pour ces choses-là ; nous pensions que ceux et celles qui prônaient la jouissance sans entrave et l’irresponsabilité ponctuelle, tout en défendant les droits civiques des femmes et des marginaux possédaient une conscience de la société plus aigue que nous, pauvres contemporains bridés par un système visant à nous rendre aveugle. C’était faux.

 

J’ai vu et entendu des adultes libéraux critiquer l’éducation nationale, critiquer le gouvernement qu’ils ont élu, et en lequel ils croyaient dur comme fer : j’ai vu ceux qui avaient torts se rallier à nos idéaux. Nous étions peut-être fous de croire que nos moyens pervers de critiquer l’ordre des choses allaient servir, mais au moins, nous ne l’étions pas assez pour avoir tort de croire au changement.

 

A ce qu’on raconte, il est normal, à vingt ans, de vouloir changer le monde. Ici, c’est autre chose. Marx, il y a bien longtemps, avait prédit l’effondrement des pays capitalistes par eux même, du fait que ce système ne peut être sans fin : il épuise et dégrade trop de choses, matérielles comme humaines. Pour certains, l’heure du renouveau est proche, et pour d’autres, c’est la fin du monde.

Il faut bien se l’admettre, en cas de changement, ce sont majoritairement les inadaptés et les perdants qui sont à la fête. Imaginez les grands patrons aux millions de transactions boursières quasi instantanées, dans lesquelles SON argent circule sans cesse sans qu’il ne puisse plus rien contrôler ; vous seriez heureux vous ? Non, bien évidemment que non.

Mais d’un autre côté, vous pouvez légitimement vous dire que c’est de bonne guerre, étant donné que ces riches entrepreneurs ont contrôlé le monde pendant un sacré bout de temps et qu’ils nous tenaient tous par les couilles il n’y a pas si longtemps encore.

 

La révolution de 1789, c’était quoi ? Tout simplement la prise du pouvoir par le peuple, et l’avènement de la noblesse et de la royauté, microcosme privilégié trop éloigné des réalités du pays pour convenablement le gouverner. Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes ne rêvent que d’une chose : de gouvernants responsables et conscients de l’immensité de ce que représentent leurs investitures respectives.

 

C’est alors que l’étudiant jouit sans entrave, lui aussi. Si certains d’entre nous angoissent à l’idée d’obtenir un diplôme qui au final n’aura plus la moindre valeur en cas de changement radical et irréversible, la plupart sont heureux de savoir que l’esprit populaire n’a pas oublié la notion de démocratie.

Alors évidemment, faute d’amis richissimes, de jets privés et de yachts luxueux, la jouissance se fait modeste, mais elle est tout de même bien présente, au fur et à mesure que nos esprit se stabilisent et s’émancipent. Nous grandissons en même temps que le monde change, et nous croyons sincèrement en notre capacité à métamorphoser les choses, à nouveau. Et puis après tout, si les institutions s’effondrent, emportant avec elles la gérontocratie persistante qui squatte le pouvoir depuis un bon moment, pourquoi ne pas tenter notre chance ? Pourquoi ne pas devenir la relève ?

 

Comme quoi, toute jouissance prend sa source dans un fantasme. Mais à côté de ça, c’est bien connu, tout fantasme, si l’on y croit suffisamment, peut devenir un puissant moteur nous permettant d’atteindre notre objectif. A nous par la suite, nous disons-nous, d’améliorer nos talents oratoires et d’élargir nos cercles d’influence. Finis de prendre les gens pour des cons et de les snober, on veut unir sous une même bannière, et susciter la réflexion dans tous les esprits. Plutôt que de subir, certains vont enfin pouvoir émettre des jugements sur la façon dont la vie se déroule dans notre pays.

 

C’est tout de même curieux, d’avoir l’impression que tout se casse la gueule autour de sois, mais de ne rien pouvoir faire pour l’empêcher, ni l’accélérer, ni le stopper. On le vit, mais on est passif.

Vu comme ça, on se surprend à penser que ces phénomènes sont cycliques et inévitables, comme le temps qui passe. Lui aussi on le vit, et face à lui, on ne peut rien faire non plus. Ainsi, l’évolution des sociétés humaines seraient incontrôlables ? Trop de facteurs, trop de données pour nos cerveaux ?

Si l’on perd le contrôle de la bourse, il semble logique que l’on ne puisse anticiper les changements mondiaux. De toute manière, les années à venir démontrerons mieux que rien ni personne si Marx était un génie fantastique ou un simple théoricien comme tant d’autres. Les étudiants pompeux penchants naturellement vers la gauche et le marxisme vont suivre tout ça de très près.

 

D’ailleurs, l’étudiant pompeux ne l’est plus vraiment. Il maintient son style, sa façon de s’exprimer, refuse de s’identifier à sa génération de poufiasses sans cervelles et de branleurs sans saveurs, mais il n’est plus princier comme avant. Festif, curieux, audacieux et flemmard, il est perdu dans une sorte d’expectative, les évènements à venir, quelle qu’en soit leur conclusion, le dépassant largement.

 

Ainsi, la réflexion est de mise, les dialogues constructifs, les vrais débats et les vrais sujets allant avec. Finis de parler plus fort que les autres, de philosopher sur l’odeur de la pisse de chien : on observe et on commente. Exemple pris au hasard, et qui n’est pas sans importance : le traité de Lisbonne, acte totalitaire s’il en est. On réalise, face à de tels évènements que le gouvernement tout entier nous prend pour des cons. L’éducation civique de nos lycées devrait peut-être s’occuper de palier les lacunes de leurs élèves en matière de liberté fondamentales. Rien ni personne n’est au dessus de la voix du peuple.

 

Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est de voir l’avant-après dans l’investiture Sarkozy. Avant, on avait un petit bonhomme ultra tonique, sur tous les fronts, omniprésent et avide de pouvoir, prêt à tout pour l’obtenir, juste histoire de l’obtenir. Depuis sa victoire, on observe une absence inquiétante, des vacances people, une vie conjugale ultra-médiatisée, des actes quasi monarchiques ; bref, un président qui fait tout, mais alors tout pour paumer sa crédibilité et son investiture.

 

On peut donc, le temps d’une campagne, berner les foules à coup de belles paroles et de grands idéaux, mettant tout le monde d’accord ; mais il devient très dur de cacher son incompétence lorsque l’on doit réellement, et non plus théoriquement, agir pour son Etat et son peuple.

 

Au final, on finit par se dire qu’il n’est pas si mal d’observer calmement les mouvements mondiaux, porteur du changement, et de se préparer à les recevoir, après l’ultime étape de la fin du monde dans lequel on vit : son autodestruction.

Par Scalix - Publié dans : Littérature
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 13:24
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Bonjour à tous. Aujourd’hui, il m’a semblé important d’aborder avec sérieux le fameux traité de Lisbonne, approuvé par le Parlement français le 7 février 2008.

Ce texte n’est pas seulement à caractère informatif, il a pour but de permettre à ceux n’ayant pas les formations nécessaires, tout sens péjoratif mis à part, leur permettant de bien comprendre les répercutions que cela aurait pu engendrer, si le peuple français avait une conscience de ses droits les plus fondamentaux un peu plus complète.

J’imagine que nombreux sont ceux se remémorant le référendum de 2005, proposant aux Français de voter pour ou contre un « traitant visant à Constitution européenne ». Comme vous le savez tous, le non l’a emporté majoritairement, à gauche comme à droite. Je ne suis pas ici pour faire un commentaire subjectif de ce résultat, chaque personne est libre d’avoir ses propres idées.

En revanche, le Parlement français a voté ce que l’on a parodiquement appelé un « traité simplifié ». Il vous faut savoir que ce texte fait plus de 200 pages, et reprend point par point tous les éléments présents dans le traité de 2005. Seule sa forme change.

Que l’on soit pour on contre, personne ne peut affirmer qu’en changeant la formulation d’un article, on en change totalement le fond. Ce n’est qu’une paraphrase complexe ayant pour but de noyer le poisson dans l’eau. Car en effet, ce vote récent de nos représentants n’est ni plus ni moins un acte de haute trahison, allant à l’encontre de la souveraineté du peuple français, théoriquement inaliénable.
La volonté d’un peuple transcende l’autorité que l’on confère volontairement à nos élus.

La Constitution, texte juridique suprême garantissant les droits et les devoirs les plus fondamentaux de notre Nation, a été bafouée. En effet, elle assure que le vote du peuple, que sa volonté ne peut être ignorée, et encore moins contournée. Nous sommes tous membre de ce pays, et chacun d’entre nous participe, via le système démocratique, à son évolution, à ses orientations, à ses choix.

Nous avons donc été témoins de la négation de notre droit démocratique le plus ancien et le plus noble. Malgré notre refus massif à ce texte, il est tout de même entré en vigueur, sans que personne ne bouge le petit doigt.

Si l’on suit les textes juridiques garantissant la perduration dans le temps de nos libertés suprêmes, il est de notre devoir de s’insurger contre notre gouvernement, de le destituer et même de le sanctionner. Or, comme vous pouvez le constater, personne n’a émis le moindre commentaire. Tout le monde laisse passer cette négation pure et dure de la démocratie…

Cet acte anodin en apparence prend alors une importance cruciale en ce sens. Si nos élus commencent à agir de manière souveraine, n’apportant aucun intérêt à ce que nous, leurs électeurs, pensons de leurs choix politiques, alors nous sommes tout simplement dans un système despotique, avec des tyrans au pouvoir.

Personnellement, j’étais pour ce traité, mais aujourd’hui, je suis tout simplement choqué par ce manque fondamental d’humilité qu’ont nos gouvernants. Auraient-ils oublié qu’ils sont à la tête de l’Etat parce que nous l’avons voulu ? Ne savent-ils plus qu’ils sont censés servir leur Nation, et non prendre des décisions allant à l’encontre de sa volonté ?

Toute personne devrait être en mesure de protéger ses droits, alors à l’avenir, soyons plus prudents, et ne nous laissons pas guider comme un vulgaire troupeau de moutons. L’histoire nous a permis, à travers de longs processus, d’acquérir la liberté d’orienter notre peuple comme nous l’entendons, et de n’ignorer personne. Ce mois-ci, la démocratie a perdu de sa force, et c’est à nous d’empêcher la réitération d’actes totalitaires. Merci à tous ceux qui auront pris la peine de lire ce texte jusqu’au bout, et d’en cerner le message crucial.

Par Scalix - Publié dans : Débat
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 13:20
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MANUEL DE L'ETUDIANT POMPEUX 

Chapitre IX - Individualisme Omniprésent


L’étudiant pompeux en phase de transition est un peu comme un sociologue paranoïaque. Il voit la perversion partout, le mal partout, l’intérêt personnel partout. Il ne cesse pourtant de rechercher une forme utopique de sérénité, une élévation du débat, ainsi qu’un sens aiguisé de la justesse et du bon en général.

Pour les facultés, ces temps-ci, c’est l’heure de gloire. Alors qu’il y a encore quelques semaines, les étudiants prenaient le rythme, travaillaient dur et pensaient à leur avenir, un lyrisme national s’est emparé de leur esprit, les poussant à protéger leurs établissements, leurs secondes maisons. Ils disent non, à la professionnalisation de leur enseignement, et oui à la grève revendicatrice.

Qu’ils aient tort ou raison est un fait que je ne suis pas en mesure de juger, mais lorsque l’on observe ces microcosmes estudiantins avec un tant soit peu de recul, on constate avec le plus grand effroi une bien triste vérité. En effet, quelle que soit leur courant de pensée ou leur idéologie, lorsque les étudiants s’expriment, c’est avant tout pour s’entendre parler avec un micro dans les mains.

A première vue, rien d’anormal. Après tout, il est aussi rare pour eux que pour n’importe qui d’avoir à la fois l’occasion de s’exprimer librement et l’auditoire qui va avec. N’importe qui, me direz-vous, et surement moi le premier, serait très excité à l’idée de se la jouer « homme médiatisé ».

Or, si l’on regarde d’encore plus près, on réalise alors qu’au final, l’intégralité de leurs prodigieux discours n’est ni revendicatrice, ni engagée, ni même simplement honnête. Ils ne cherchent, au final, qu’à remporter les joutes verbales ponctuant les pseudo-débats étudiants.

Et pourtant, ces pathétiques orateurs, du moins ceux que j’ai pu observer dans le feu de l’action, fantasment encore aujourd’hui, sur ces jeunes hommes et femmes, volontaires et unis par des idéaux forts transcendant leurs réussites comme leurs propres personnes, et qui dans les années 60 ont fait trembler la France. On se rappelle de sublimes photos, aussi esthétiques sur le fond que sur la forme, mettant en avant des protagonistes aux visages rayonnants, qui n’hésitent devant rien, qui osent tout, parce qu’ils savent, au plus profond de leur être, que malgré tout ce qu’on leur dira, ce qui est juste dans leur esprit le demeurera éternellement.

Cette perpétuelle image de la jeunesse actrice et militante est aujourd’hui corrompue par une société inadaptée à la solidarité. La discorde est à l’ordre du jour de toutes les assemblées étudiantes.

Son origine est simple.

Chaque étudiant ayant suffisamment d’audace pour s’exprimer publiquement veut SON heure de gloire à lui. Certains parfois sont même prêt à revenir sur leurs convictions les plus profondes, uniquement pour avoir le plaisir, ne serait-ce qu’une fois au cours de leurs existences, de jouir d’une position de supériorité par rapport à une autre personne, et de pouvoir jouir de ce statut au moment rêvé où des centaines de témoins sont là pour intellectualiser tous au même moment son potentiel phénoménal. Aussi pompeux que soit notre groupe, nous avons tout de même suffisamment d’estime vis-à-vis de nous pour être sincère, lorsque l’heure n’est plus à la parodie.

Ainsi, nous avons détesté ces mouvements, nous avons détesté les étudiants qui les organisaient, et nous avons été affligés par la naïveté de ceux qui les écoutent, et parfois même les croient.

Comment pouvons-nous rétablir la vérité dans un monde où tout le monde s’en fout ? Certaines personnes ayant pris la parole ont revisité l’histoire économique et sociale de notre pays, comparant des périodes incomparables, donnant de fausses opinions à d’illustres personnages. Cela nous amusait, au départ ; mais nous avons cessé de rire quand nous avons constaté que personne, dans toute cette masse d’élèves, censée véhiculer une certaine culture, et de nombreuses connaissances, n’a su réfuter les thèses bancales des orateurs. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils étaient incapables de savoir si l’homme en question était dans le vrai ou non. Et bien entendu, plutôt que de prendre le risque de dire une grosse connerie, on préfère se taire. C’est toujours pareil, l’égo passe avant tout, et l’on ne veut plus prendre le risque de passer pour un con.

Je n’en croyais pas mes yeux. Nous étions sûrs que les étudiants pompeux que nous incarnions possédaient le summum de la suffisance, alors qu’en fait, d’autres groupes se noyaient dans une marre visqueuse de flatteries grossières, aussi puante que leur précieux malodorant, perceptible dans chacun de leurs mots. Ignares, nombreux, incompétents et désagréables, voila ce qu’étaient ces abrutis de juristes. A chaque intervention, un sourire satisfait se greffait sur leurs visages ingrats. Ils n’étaient pas là pour défendre les facultés, mais pour convaincre les autres étudiants de soutenir leur professionnalisation. Leur objectif promettait d’être plus facile à réaliser que prévu.

Je suis discrètement allé parler à celui qui osait sortir les conneries les plus invraisemblables, et je lui ai demandé s’il était satisfait d’abreuver l’amphithéâtre tout entier de mensonges surréalistes et de théories infondées sur l’avenir de la France. L’homme m’a sourit, et m’a dit que ce n’était pas parce que j’étais en désaccord avec lui qu’il était pour autant affabulateur.

Tant de confiance en l’inculture des autres est une erreur. Si notre groupe avait été complet ce jour là, les choses auraient été bien différentes ; mais beaucoup d’entre nous se désintéressent singulièrement de la polémique rébarbative qui revient systématiquement dès que l’on aborde un thème économico-politique. Ainsi, nous n’étions que deux à suivre les débats, et nous étions, il faut bien l’avouer, plus spectateur qu’autre chose.

Alors au final, toute cette histoire fut d’un inintérêt formidable. Les discussions étudiantes étaient sans fins et sans raisons, le gouvernement était unanime et n’avait pas l’intention de réviser sa politique, les enseignants étaient consternés par le foutoir s’installant petit à petit dans leurs prestigieux établissements et les étudiants étaient majoritairement satisfaits d’avoir eu trois semaines de vacances (ou plus) en plein milieu de leur premier semestre. Une réussite pour qui ? Eh bien pour les gens qui manifestent dans les rues de Paris, vêtus de cachemire et de vison, et qui répondent aux journalistes « nous vivons dans un pays de fascistes de gauche ! ». Ces gens de la droite aisée s’émancipent de plus en plus, et ne loupent aucune occasion de gueuler sur les pauvres et les prolétaires.

Oui, ce sont eux, les grands vainqueurs de ce combo de grèves. Les chemineaux, les juristes, les étudiants, les enseignants et tous ceux qui les ont soutenu n’auront au final servi qu’à une chose : conforter les opinions des plus sectaires et des plus réactionnaires des français.

Je ne suis pas du genre à commenter les revendications des hommes et des femmes, mais je peux sans conteste affirmer que dans le cadre des mouvements étudiants, je n’avais jamais rien vu d’aussi mal fichu, d’aussi incertains et surtout d’aussi désagréables à suivre.

Personne n’était jamais d’accord, chacun voulait gueuler sur quelqu’un, ou quelque chose. On cherchait désespérément un responsable à toute cette merde, mais ce coup-là, même Nicolas Sarkozy, pourtant sans cesse critiqué pour tout et n’importe quoi, n’a pas suffit à catalyser la fougue des jeunes inquiets que nous sommes.

Certains, peut-être plus sages et clairvoyants que les autres, ont accusé avant tout notre système économique, le capitalisme. Le rapprochement des USA et de notre pays indique d’ailleurs clairement que nous ne sommes pas prêts d’en sortir, pour le pire comme pour le meilleur.

L’individualisme pourrie trop la société. On peut le parodier, d’une manière pompeuse, ou le critiquer d’une manière cynique, il n’empêche que l’essentiel des individualistes le vivent très bien, et apprécient l’idée de ne penser qu’à eux et jamais aux autres, de rechercher leurs propres intérêts avant l’intérêt général.

Sans lui, peut-être les mouvements étudiants auraient connu un futur plus glorieux que sa lente et ridicule corrosion. Tout le monde se désolidarise, car tout le monde en a marre des tensions sou jacentes aux origines inconnues, de cette hostilité permanente lorsque l’on doit défendre son opinion. Au final, le narcissisme est accepté par l’étudiant pompeux lorsqu’il est caricatural, drôle et incisif. Nous avons ris de nos propres attitudes, tant elle mettait sous les projecteurs la stupidité et la préciosité de certaines de nos connaissances. Nous avons compris, suite à tout ce foutoir, que si nous avions été réellement pompeux, nous nous serions haïs.

Cela dit, étrangement, après cette absence de cours et cette rencontre avec les individualistes corrupteurs de droite, notre mouvement qui se tassait de jour en jour semble renaître de ses cendres. Nous avons découvert le véritable ennemi moderne, encore plus flagrant qu’auparavant. Nous avons des cibles, narcissiques, riches, puissantes et grande gueules : nous sommes comblés. Rien n’est plus agréable pour nous, petit pervers moyennement friqués et audacieux, que de susciter aux riches bourgeois l’impression d’être membre d’une sphère plus que séduisante, dans laquelle ils ne parviendront jamais à rentrer. Si nous devons être plus infâmes et détestables qu’avant pour tuer nos rivaux, nous le serons. Nous nous amusons à scander que, comme nos précurseurs des années 60, peu importe ce que l’on pourra nous dire, nous savons que NOUS avons raisons, et que l’individualisme, marqué comme masqué, est indéniablement omniprésent, pour le pire comme pour le meilleur.

 
Par Scalix - Publié dans : Littérature
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 13:17
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MANUEL DE L'ETUDIANT POMPEUX

Chapitre VIII - Rétrospective

Vingt ans après ma naissance, j’ai découvert l’omniprésence du « bof » dans ma vie. En effet, j’ai compris dans la solitude, que lorsque je n’étais pas heureux, je n’étais pas forcément malheureux ; je me sentais juste bof. Le bof est probablement un état d’esprit transitoire, qui ne s’altère qu’avec l’apparition extérieure d’un élément positif ou négatif. C’est ainsi que l’on devient heureux ou malheureux.
Pour ma part, je suis resté bof pendant un sacré bout de temps. Mais ça, une fois de plus, je ne l’ai réalisé que lorsque j’étais heureux. Avant, j’étais intimement persuadé d’aller mal, puisque j’étais sûr de ne pas aller bien.

Lorsque l’on pense aller mal, on cherche logiquement à aller mieux. En fonction des personnalités et des caractères, l’Homme réussit plus ou moins bien à découvrir des procédés lui permettant, au plus d’aller bien, au moins d’aller mieux. Il existe aussi de rares cas d’incompétence, comme le miens, trouvant d’invraisemblables quantités de procédés qui, au final, ne parviennent qu’à créer une illusion temporelle donnant la sensation, absolument fictive, d’aller on ne peut mieux.

J’ai donc erré, une bonne partie de mon existence, perdu quelque part entre l’optimisme et le pessimisme, entre le bien-être et le mal-être, entre la déprime et le narcissisme, entre l’amour et la haine. J’oscillais d’un extrême à l’autre, sans répit, avec l’intime conviction, à chaque fois, d’avoir trouvé ma façon d’être, ma sérénité, mon bonheur à moi. On appelle cela, si mes souvenirs sont bons, l’adolescence.
Il va sans dire que cette période fut absolument détestable pour l’étudiant pompeux que j’allais devenir. Déjà pris de véhémence dans les bons jours et de pulsions suicidaires dans les mauvais, mon avenir était tout tracé : je m’en allais dans la catégorie des radicaux, des extrémistes, de ceux qui l’ouvrent plus fort que tous les autres, et qui y croient plus fort que tous les autres.

Je le sais et je l’admets, l’extrémisme m’a toujours fasciné. De nature mitigée, je restais transi d’admiration face aux hommes et femmes capable de détruire, à la force de leur croyance, tout ce qui se mettait en travers de leur route. Au-delà de la politique et de la religion, j’avais constaté très tôt que radicaliser sa pensée, c’était avant tout la rendre plus puissante, plus accessible, et donc plus fédératrice.

Conclusion d’un adolescent : être radical, c’est faire converger les autres vers sois, les rassembler sous une conception que l’on crée, et à laquelle ils adhèrent tous. Vu comme ça, quel petit audacieux se refuserait le luxe de devenir l’icône d’une façon d’être, d’une idéologie, ou de je-ne-sais-quoi ? A mes yeux, aucun, et croyez-moi, je ne me suis pas privé.
Il m’aura fallu une enfance d’expérimentations pour réaliser, trop tard d’après certains, mais de mon point de vue largement à temps, quel l’extrémisme est une erreur. J’ai réalisé, à la fin de mes années lycée, qu’il n’était pas suffisant de croire en une solution unique à un problème donné.

J’ai alors compris pourquoi le débat politique était devenu futile, pourquoi la croyance en dieu et en la négation des autres étaient une idiotie, pourquoi l’Homme n’écoute plus les autres parler, pourquoi les médias façonnent notre façon de penser et surtout, j’ai compris pourquoi plus personne n’est heureux dans notre société déréglée.
En fait, lorsque l’on observe les comportements des français, et probablement celui des habitants des autres pays du Nord capitalisés, on réalise qu’une image de la success-story se forme naturellement dans l’esprit de la Nation. Cette image, c’est celle d’un homme de droite sûr de lui, persuadé de sa réussite comme du bien-fondé de sa vision du monde. Il réussit et en plus demeure perpétuellement en accord avec sa façon de voir les choses. Il offre du travail à quelques salariés en fondant sa petite entreprise, il contribue à la croissance, il rend sa famille heureuse et la met pour toujours à l’abri du besoin. Sa femme est aussi insipide que sa décoration, ses enfants si parfaits en apparence sont en vérité de vrais démons respectés par tous dans leur collège.
Cet homme s’est battu pour en arriver là. Alors que personne ne croyait en sa réussite, il a su ne jamais perdre espoir, ignorer ses détracteurs et frapper de plein fouets le marché là où il y avait une ouverture. Il ne s’est jamais posé trop de questions, considérait toujours les enseignements lui étant desservis comme véridiques, et croyait dur comme fer en le rétablissement de la stabilité socio-économique de son pays.

Cet homme a fait des études courtes ; son succès, il ne le doit qu’à sa volonté et à ses compétences. Seul son mérite lui a permis de gravir les marches de la hiérarchie professionnelle pour devenir, à 30/35 ans, son propre patron. Cet homme est un extrémiste libéral, qui ne perd pas de temps à se poser trop de questions, qui laisse son Etat s’occuper des grands problèmes de société et qui se contente d’écouter les médias à sa disposition, continuant encore aujourd’hui de conditionner sa vision des choses, de lui lobotomiser l’esprit. Ainsi, pendant encore des années, cet homme se réveillera heureux, dans un monde faussement stable, où l’avenir sourit à tout ceux prêt à se lever tôt.
Le jeune cadre dynamique hante nos esprits, comme LA solution ultime à tous nos problèmes. Si l’on est comme lui, si l’on pense comme lui, alors tout ira bien. Il ne faut surtout pas se poser trop de questions, et il faut suivre l’avis des impartiaux experts à la tête de l’Etat.
Vous l’avez probablement réalisé par vous-même de toute manière : aujourd’hui, si l’on veut être en phase avec le monde et réussir heureux, il faut être un intégriste du capitalisme. Il faut aussi être un leader, actif et fédérateur. Les mitigés, les penseurs et les hommes de gauche sont les ultimes relans d’une conception archaïque de la vie en société. Mystérieusement, sans que je parvienne à me l’expliquer, toute mon enfance peut témoigner de notre conditionnement à cette pensée unique. J’ai vu, vécu, et j’ai même été ce que je relate. On méprise les faibles, on tente d’être chef de groupe, on impose sa vision des choses et on agresse tout opposant. Lorsque l’on ne parvient pas à devenir leader en usant de notre force ou de notre intellect, on ruse. Les coups dans le dos sont l’apanage des fouteurs de merde si doués dans la perversion que l’on ne remonte jamais jusqu’à eux.
L’enfance de vos progénitures passe donc par l’apprentissage de la loi de la jungle. Leurs lectures, les films et la télévision contribuent grandement à l’émancipation de la violence et du consumérisme dans leur génération.

J’ai été piégé aussi. Je suis devenu tour à tour despote idolâtré, dictateur déchu haï, « étudiant lambda passe-partout », humoriste fêtard et étudiant pompeux. Dans tous les cas, ma façon d’être et ma façon de pensée étaient radicales, fermes, intangibles et fausses. On ne peut pas réellement espérer être heureux en étant radical ; ou du moins, je n’ai jamais réussis à croire longtemps en cette façon d’être exagérée.

Quoiqu’il en soit, que vous plongiez dans le mimétisme social, ou que deveniez extrêmement réagissant face à ce dernier, vous serez toujours perdant dans le sens où vous sombrerez, quoiqu’il en soit, dans une façon d’être excessive qui n’aura rien de naturel. Si ce n’est pas le cas, vous êtes con.
Je sors de mes pensées et me replonge dans le cours de droit constitutionnel. Je tente de garder en mémoire mes dernières pensées ; je suis ravi d’avoir compris que je n’étais qu’une victime de notre société empoisonnée, comme beaucoup d’autres. Vouloir contrer l’extrémisme en devenant soi-même radical, c’est stupide. Je ne suis personne, après tout, pour prétendre savoir ce qui est bon et ce qui est mauvais. Il est même possible qu’au final, lorsque l’un des deux axes, à savoir la gauche ou la droite, aura fait l’erreur de trop, que je me retrouve dans le camp des perdants, qui auront tort sur tout, du début à la fin. Il est aussi possible qu’à force de me poser trop de questions sur tout et n’importe quoi, je me détache de ces deux courants principaux, et ne me retrouve plus nulle part.
Je me sens léger.
Je n’aurais jamais cru, moi qui étais pourtant persuadé de ne jamais me faire avoir comme les autres, réaliser un jour que c’était faire le jeu de notre société malade que d’être un étudiant pompeux. A quoi bon stigmatiser les dérèglements sociaux ? Au final, nous ne serons qu’une bande de marginaux de plus, qui sera peut-être un jour le nouveau spécimen de nos élus. Nous leur servirons d’exemple pour démontrer que la société va mal, et qu’il faut réagir. Nous nous sommes beaucoup trop opposés à l’évolution du monde, et sommes devenus inadaptés, incapables de devenir de jeunes cadres dynamiques. Cette hypothèse me répugne.
Je n’ose pas encore aborder mes changements d’opinion avec mes amis pompeux. Ils ont l’air si heureux d’être détachés de tous ces codes sociaux absurdes. Certains se prennent même pour les nouveaux Robin des Bois, qui prennent les privilèges de la riche élite et les retournent contre elle. D’autres s’amusent simplement de cette liberté sans limite que leur offre cette nouvelle philosophie de la vie.

Mais dans tout ce monde, je ne ressens plus la vigueur des premières heures, des premiers constats. Je ne vois plus la volonté revendicatrice des fondateurs de l’étudiant pompeux. Il ne reste plus qu’une attitude, symbolisant notre appartenance au groupe des « marginaux », ou pour certains, des « jeunes intellectuels dans le vent ». On devient cools, drôles, à la mode. On cesse d’avoir des choses à dire. On ne sert plus à rien, mais on reste quand même, puisque nous sommes devenus un idéal, et que nous suscitons l’envie, voir la jalousie.
« Et voila, au final, on sert le radicalisme intellectuel, c’est tout… ». J’ai glissé cette phrase à Bob, qui me regarde, d’abord surprit par mon manque de panache. Quelques secondes s’écoulent, le temps pour lui de recracher la fumée de sa cigarette. Enfin, une réponse arrive. « Au final, on a permis à des gens qui passent inaperçus de s’investir à fond dans un truc, et ce truc leur a permis d’exister aux yeux de toute la fac. On sert aussi le besoin de reconnaissance des autres ». J’étais d’accord, il le savait déjà.

En deux phrases, nous venions de réaliser chacun de notre côté que nous n’étions pas le seul à avoir compris la futilité de tout ce mouvement. Ce n’est même pas un mouvement après tout, juste un délire entre pote qui a pris plus d’ampleur qu’il n’aurait du.
Je lui tapais chaleureusement l’épaule, lui souhaitait une bonne après-midi, et m’en allait, serein, rejoindre la nouvelle femme de ma vie.

Par Scalix - Publié dans : Littérature
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